[INTERVIEW] Stéphanie Lagalle-Baranès, Présidente du GIE D2OF

Rue de la Formation est allée à la rencontre de Stéphanie Lagalle-Baranès, Présidente du GIE D2OF et Directrice générale d’OPCAIM, l’occasion de faire le point sur Datadock.

 

Comment est né Datadock ?

« En 2015, nous avons mis en place, avec le FPSPP trois groupes de réflexion sur la façon dont nous, financeurs, nous allions nous approprier le décret n° 2015-790 du 30 juin 2015 et le mettre en œuvre. Nous avons ainsi travaillé sur,

  • Les six critères qualité relatif à la qualité des actions de la formation professionnelle continue ,
  • Le catalogue de référence,
  • Le sujet du contrôle.

Très vite, nous avons mesuré l’enjeu de mutualiser nos réponses et nos méthodes de travail. Le 1er groupe a abouti à la déclinaison en 21 indicateurs observables et mesurables des critères qualité. Le 3è a fait des recommandations sur la conduite des contrôles qualité.

Le 2nd a identifié l’intérêt d’ancrer nos procédures de référencement des organismes de formation, sur une base de données unique permettant aux organismes de formation, en une seule déclaration, d’expliquer à l’ensemble des financeurs, leur positionnement et leur organisation sur les critères qualité..  Datadock est donc né des réflexions sur le catalogue de références.

Les gouvernances des OPCA ont rapidement validé l’opportunité d’une base de données partagée. Nous avons enchaîné avec une étude de faisabilité, qui a exploré l’ensemble des dimensions concernées par un tel projet : technique, juridique, organisationnelle. A l’automne 2016, les gouvernances de l’ensemble des financeurs ont commencé à formaliser leur adhésion à la structure retenue pour accueillir ce qui allait devenir Datadock : le GIE D2OF.

Le GIE a tenu son premier conseil d’administration le 19 décembre 2016 et la base était en production le 2 janvier. »

Comment Datadock s’articule-t-il avec la démarche qualité ?

« Le décret du 30 juin 2015 relatif à la qualité des actions de la formation professionnelle continue a défini six critères d’appréciation de la capacité de l’organisme de formation à dispenser une action de formation de qualité.

L’organisme de formation a deux façons de satisfaire cette obligation,

– Soit répondre aux procédures internes d’évaluation de chaque financeur de formation,

– Soit justifier d’une certification ou d’un label recensé par le CNEFOP.

Datadock répond au premier cas de figure en offrant aux financeurs les services utiles à l’élaboration de leur procédure de référencement.

Donc, potentiellement, pour un organisme de formation qui détient déjà une certification ou un label CNEFOP, la question de l’utilité Datadock se pose. Les financeurs ont prévu un circuit court d’enregistrement pour ces organismes de formation dans Datadock. L’expérience montre que beaucoup de ces derniers ne se contentent pas de mentionner uniquement leur « label CNEFOP ». Ils choisissent de renseigner l’intégralité des critères. C’est une façon pour eux d’exprimer leur positionnement. Datadock leur permet de bénéficier d’une vitrine unique. »

Comment accompagnez-vous les organismes de formation dans leurs démarches ?

« Plusieurs leviers d’accompagnement existent. Le site internet www.data-dock.fr, d’une part, donne toutes les informations utiles et pratiques. Nous avons l’objectif d’améliorer l’ergonomie du système, la clarté des informations demandées. Ainsi, des info-bulles accompagnent la navigation en expliquant chacun des indicateurs. Après une petite année d’expérience, nous recensons actuellement les points d’incompréhension les plus fréquents afin d’y remédier à travers un complément d’information. pour faciliter la démarche des organismes de formation. Et si besoin, une hotline est à disposition.

De nombreuses réunions d’information, d’autre part, ont été organisées à l’attention des OF. Par le GIE en tant que tel, mais aussi par chaque financeur membre du GIE.

Enfin, ce qu’il faut souligner, c’est qu’en soi, le principe est simple. Il repose sur la confiance, avec un principe de déclaratif et  de description des aspects très métier des organismes de la formation. .

Aujourd’hui, 2000 organismes de formations ont le statut « en attente de précisions » parce qu’ils ne remplissent pas l’intégralité des critères. Dans ce cas, nous les notifions des éléments à apporter afin d’être référençable sur la plateforme. Dès qu’ils ont ce statut, ils peuvent figurer sur les catalogues de référence des financeurs. »

Après les premiers mois de mise en service, comment faire évoluer Datadock aujourd’hui ?

« Aujourd’hui, Datadock, c’est 41 financeurs impliqués, soit 19 OPCA, l’ensemble des Fongecif et des Opacif. Nous souhaitons élargir encore cette audience, car c’est pour nous une garantie d’efficacité et de simplification pour les organismes de formation.

Les concernant, nous souhaitons aussi améliorer les fonctionnalités du système d’information.

Nos pistes : ergonomie de la plateforme, gestion du changement de NDA (Numéro d’activité), mise en place d’un reporting intelligent qui permet de croiser des informations.

Sur le fond, nous voulons réinvestir le sujet du contrôle, toujours sous l’angle de la mutualisation. C’est à dire que nous, souhaitons en 2018 travailler sur des outils, méthodes  et critères d’échantillonnage de contrôle communsIl n’est pas envisageable d’aller contrôler chacun son tour les organismes de formation. Ils ont besoin de lisibilité et, encore une fois, de simplicité.Et concernant la question de l’analyse des résultats des contrôles il nous faut prévoir une convergence de raisonnement et de pratique quant aux impacts sur nos catalogues de référence.Nous avons décidé de lancer une expérimentation de ce contrôle mutualisé via le GIE. C’est une évolution cohérente puisque la base de données repose aujourd’hui sur la confiance. Nous sommes sur un principe de responsabilisation des acteurs .

En synthèse, avec Datadock, nous sommes résolument entrés dans une logique d’amélioration continue »

 

vendredi 8 décembre 2017