La Fédération de la Plasturgie face aux défis du futur

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« Enthousiasmante jeunesse ! » Les mots de Florence Poivey, présidente de la Fédération de la Plasturgie et des Composites, traduisent bien le ton général du Grand Rendez-Vous de la Plasturgie. Aux côtés de Clotilde Valter, secrétaire d’État à la Formation Professionnelle et à l’apprentissage, le discours de clôture de la présidente de la Fédération a mis l’accent sur les défis à venir et le dynamisme nécessaire pour les relever. Il s’agit là d’un des objectifs principaux du Grand Rendez-Vous de la Plasturgie : faire se rencontrer les professionnels de la filière et échanger autour d’un objectif commun : l’adaptation de ce secteur industriel au marché de l’emploi qui évolue en permanence ; avec, en filigrane, un impératif : savoir se réinventer, notamment au niveau de la formation, pour dessiner le visage du professionnel de demain. Retour sur cette riche journée du 28 avril 2016.

Des métiers verts et numériques

Deux mouvements de fond agissent sur les métiers de la plasturgie, comme sur l’ensemble des secteurs : la numérisation et le verdissement. Et il ne s’agit pas d’un objectif lointain : les métiers ont d’ores et déjà changé en profondeur, vers une plus grande performance environnementale, et leur pratique est complètement réécrite par le numérique. Des constats centraux, mais qui restent incomplets en l’état. Comment constater et quantifier ces changements, et surtout, comment y répondre ? Afin de nourrir la réflexion et l’action, la Fédération Plasturgie a lancé « La Fabrique à Talents », une démarche prospective innovante mêlant Think Tank, groupes de travail et plateforme pédagogique en ligne, se donnant pour objectif d’inventer les formations initiales de demain pour former les professionnels à l’horizon 2030. Et les pistes de travail sont nombreuses : avènement de la chimie verte, agro et bio matériaux, constructions à énergie positive, production robotisée, logiciels en open-source… Un cœur de métier qui évolue donc, et qui oblige les acteurs de la plasturgie à concevoir de nouvelles formations, plus adaptées aux besoins du secteur, plus digitales, et toujours plus professionnalisantes.

En première ligne en terme d’acculturation des jeunes au métier, la formation initiale doit nécessairement être réformée en priorité. Place à l’innovation pédagogique, à la pratique intensive, à la pluridisciplinarité. Un mot d’ordre : la co-construction des diplômes.

Par exemple, le BTS « Europlastics et Composites » créé récemment par une commission de professionnels du secteur et de responsables de l’Éducation Nationale, met la pratique et la quête de sens au cœur de la formation.

Relever le défi de l’image pour attirer les jeunes

De manière plus générale, la plasturgie se retrouve confrontée, comme la plupart des autres filières de l’industrie, à un défi d’image. Faire changer les mentalités et les perceptions du métier pour attirer les jeunes vers ces carrières est un enjeu qui marche main dans la main avec l’ajustement des formations. C’est ainsi qu’a été créé Puxi (pour Plastic User Xperience Innovation), une plateforme numérique à destination des jeunes pour changer leur regard sur la plasturgie. Puxi répond à un double impératif : vulgariser et rendre ludique les métiers de la plasturgie ; et accompagner les pratiques digitales des jeunes en leur parlant avec leurs outils. Puxi vient en complément de l’atelier « Destination Plasturgie » qui sillonne la France à la rencontre des jeunes pour leur faire découvrir concrètement les métiers de la plasturgie. Découverte d’usines en réalité augmentée, explication et observation des process de fabrication d’objets en temps réel, Puxi permet de découvrir la filière sous un autre angle, et d’éveiller la curiosité. Gagner la bataille de l’image comprend finalement de rattacher à la plasturgie des valeurs qui lui sont, en apparence, éloignées : créativité, entrepreneuriat, innovation et modernité. Un bon exemple d’une action ambitieuse de communication qui se donne pour objectif final de redessiner les contours d’une filière pour alimenter les envies de formation des jeunes.

Naturellement, la plasturgie doit rester accessible au delà de la formation initiale. Une école comme l’ISPA (École Supérieure de Plasturgie d’Alençon) ouvre par exemple ses formations aux demandeurs d’emplois et aux professionnels en réorientation. Un bon rappel de l’importance de la formation continue dans la montée en compétence des salariés ou demandeurs d’emploi. À ce sujet, le développement des MOOCs, ces cours en ligne accessibles à tous sur internet offre une opportunité de plus de diversifier les modes de formation, qu’il s’agisse de la plasturgie ou d’autres filières.

« Aujourd’hui, on n’entre pas en début de carrière dans un seul et unique métier qui restera le notre toute la vie. On entre plutôt dans une aventure dont on ne connaît pas les rebondissements au début. Il faut savoir s’adapter. » Comme un prolongement des paroles de Florence Poivey, les mots de Clotilde Valter en disent long sur les mutations actuelles du marché du travail. Puisque les métiers évoluent, la formation doit aussi évoluer, et s’assouplir, pour répondre efficacement à ces nouveaux besoins. Des solutions existent : massification de l’apprentissage à tous les niveaux et décloisonnement des parcours en formation initiale, système de formation continue souple et évolutif et capacité de chacun à gérer son parcours de formation. Au delà de la filière plasturgie, tout le monde est appelé à agir pour faire de la formation le principal moteur de la transformation. C’est en dépassant nos propres frontières que l’on pourra bâtir l’avenir.

 

jeudi 12 mai 2016