Soka fait carrière dans le vert

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L'entreprise

Soka est une société d’exploitation de gisements, de traitement et d’enrichissement de kaolin en France et en Ukraine. Elle a intégré la transition verte avec notamment la certification ISO 14001 et le développement de procédés respectueux de l’environnement comme par exemple un procédé de récupération de chaleur.

  • C.A. 2015 : 10,8 millions d’euros,
  • Effectif : 125 collaborateurs,
  • Siège social : Saint-Brieuc, Bretagne,
  • Transition verte : certification ISO 14 001 et mise en place de procédés respectueux de l’environnement.
Séverine Dudot
Directeur Général

« On sait qu’un esprit formé va être beaucoup plus ouvert à l’innovation. »

Comment organisez-vous votre stratégie RH ?

La stratégie RH vient du plan de formation et notamment des entretiens individuels des salariés qui nous permettent d’évaluer leurs compétences et de les faire évoluer en fonction des besoins que nos détectons ou de leur propre ressenti de besoins. Nous savons qu’un esprit formé va être beaucoup plus ouvert à l’innovation et chez Soka nous faisons beaucoup de travaux de recherche et développement pour nous positionner sur de nouveaux marchés. D’ailleurs, l’entreprise a opéré un complet retournement, puisque d’une entreprise dédiée à 100% à la céramique, nous avons évolué vers les domaines des charges minérales, de l’alimentation animale et de l’arboriculture.

 

Comment avez-vous formalisé la transition verte chez Soka ?

Nous avons décidé d’être certifié ISO 14000 c’est à dire certifié environnement, en plus d’être certifié qualité. Cela nous a amené à regarder certains domaines d’activité et certains marchés puisque nous étions également dans la mouvance du biocontrôle et de l’ECOCERT par exemple. Nous avons donc développé des produits qui représentent aujourd’hui 50% du chiffre d’affaires de l’entreprise et qui vont nous permettre de partir à l’export.

 

Quelle valeur ajoutée la transition verte représente-t-elle pour vos clients ?

C’est souvent une demande de nos clients à l’export lorsque nous parlons céramique qui s’interrogent beaucoup sur le fait qu’on ait un minimum d’empreinte carbone. Nous travaillons pour de grands groupes industriels qui ont parfois fait leur propre transition verte et souhaitent travailler avec des fournisseurs qui sont en accord avec cette vision de la production et de l’industrie. 

 

Comment organisez-vous les temps de formation avec les collaborateurs ?

Je crois que les collaborateurs sont toujours moteurs pour aller en formation quand on est dans une entreprise qui est très positionnée sur la recherche et le développement. Leur souci est se dire que quand ils vont rentrer ils auront une pile énorme sur leur bureau. Donc il faut savoir s’organiser, et chez Soka, à l’appui de nos systèmes qualité, nous avons organisé des systèmes de suppléance. Cela veut dire que quand quelqu’un s’absente, il y a une personne ou parfois deux, capable(s) de prendre une partie du travail du salarié absent pour lui permettre de revenir dans de bonnes conditions et d’apprécier ce temps de formation à l’extérieur.

 

Avez-vous recours au tutorat pour transmettre des compétences en interne ?

Oui absolument, le tutorat est quelque chose de très intéressant. Nous l’avons fait par exemple pour des salariés avant leur départ en retraite. Ils ont eu pour mission avant de quitter l’entreprise de former leur successeur. C’est extrêmement valorisant pour les salariés lorsqu’ils savent qu’ils vont passer la main et qu’ils auront appris les bons gestes à un jeune qui poursuivra le travail derrière eux. Ce tutorat, il ne faut pas l’appeler juste « tutorat », il faut qu’il soit réellement cadré dans une mission avec des points de passage et des évaluations. Il doit également être renforcé par des formations externes ou internes pour permettre aux collaborateurs de continuer à évoluer.

 

Morgan Simonnet
Responsable Qualité Sécurité Environnement

« Nous étions la première carrière en France à mettre en place un système ISO 14001. »

Comment s’est déroulée la certification ISO 14001 ?

À l’origine, Soka a souhaité créer un système de management environnemental pour mettre en avant les bonnes pratiques qui étaient déjà en place depuis la création de la société et pour s’appuyer sur un système de management qui lui permette de progresser. Le système de management ISO 14001 a été mis en place en 2004. Nous étions la première carrière en France à le faire.

 

Avez-vous suivi des formations pour monter en compétences sur le thème de l’environnement ?

La société est confrontée à une évolution constante en terme réglementaire et sur les thématiques environnementales, avec des exigences de plus en plus poussées. Nous sommes amenés à travailler au niveau européen avec des syndicats professionnels. Et pour conserver cette compétence, cette technicité, nous avons décidé avec la directrice de m’inscrire à un contrat de professionnalisation auprès de l’école Sciences Po Rennes. J’ai donc suivi une année de master – Management de la qualité et des risques globaux -, en alternance. Je suivais les cours et en même temps je continuais à occuper mon poste de Responsable QSE. Grâce à cette année de formation, j’ai pu acquérir des compétences en gestion globale des risques internationaux et des risques assurance mais aussi des risques comptables financiers, ce qui était nouveau par rapport à ma formation initiale environnementaliste. J’ai également pu aborder l’environnement sous un angle davantage lié à la gestion, et notamment sur les thématiques relatives à la poussière, l’eau et le bruit. 

 

En quoi votre formation bénéficie-t-elle à l’entreprise ?

Cette formation, c’était un désir personnel pour pouvoir rester au contact de l’actualité sur les thématiques de l’économie circulaire et de la transition verte. C’était aussi une volonté de l’entreprise pour me permettre de retransmettre le savoir acquis à mes collègues au cours du fonctionnement du système de management à travers les formations en interne et l’accueil au poste des salariés. 

Que diriez-vous aux entreprises qui hésitent à investir dans la transition verte ?

 Je leur dirais qu’il ne faut pas hésiter. C’est de toute façon une démarche à laquelle elles seront confrontées dans l’avenir. Cela peut constituer de forts leviers de performance pour le fonctionnement d’une entreprise dans le cadre d’un système de management environnemental. Cela peut aussi constituer de forts potentiels de développement économique. Plus nous travaillerons en amont, plus nous mettrons en place des choses avant d’être contraint de le faire et plus nous serons gagnants.

Pierre Burlot
Responsable de site

« Lorsque le matériel a été rénové, il a fallu transférer les connaissances. »

 

Quel a été le dernier challenge énergétique relevé par Soka ?

Le dernier challenge au niveau énergétique a été lors du transfert de l’activité de calcination, avec la mise en place d’un échangeur de chaleur. Sur le précédent site de l’Aveyron, l’énergie et les calories perdues étaient rejetées dans l’atmosphère. Aujourd’hui, nous récupérons une partie assez importante de cette énergie pour la réutiliser à l’intérieur de notre four de calcination. Ensuite, la direction générale a des projets au niveau de la transition énergétique, notamment pour utiliser des sources alternatives au gaz naturel comme la combustion de bois par exemple. 

 

Cette technique a-t-elle nécessité une période de formation ?

Oui effectivement, lorsque le matériel a été rénové avec la mise en place de cet échangeur, il a fallu transférer les connaissances. La formation des futurs pilotes de l’atelier a été scindée en deux parties. Une première partie théorique sur la calcination, ensuite, une fois que l’outil a été achevé et qu’il pouvait fonctionner, nous avons dispensé une formation pratique à deux pour compléter la formation théorique.

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