Saint-James fait rayonner le tricot marin traditionnel

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L'entreprise

Depuis plus d’un siècle et demi, Saint-James forge son sa notoriété autour d’un vêtement culte, le pull marin breton tricoté en laine, destiné à l’origine aux marins pêcheurs, puis adopté par les navigateurs et les plaisanciers.

  • C.A 2015 : 53 millions d’euros, dont 40% à l’export,
  • Effectif : 300 salariés,
  • Siège social : Saint-James, Normandie,
  • Zone d’export : Un tiers des exportations en Europe (Allemagne, Royaume-Uni, Belgique, Hollande, Espagne, Italie), un tiers en Amérique du Nord, un tiers en Asie.
Luc Lesénécal
Président-directeur général

« Je consacre au moins une journée par mois à me former. »

Comment intégrez-vous la formation dans votre développement à l’export ?

Au niveau de l’export, nous intégrons des jeunes qui sont en formation à l’école en alternance, et c’est pour moi , une des meilleures écoles, parce qu’il y a à la fois la réalité théorique et la réalité pratique. C’est aussi un bon moyen de recrutement, puisque l’on essaye de garder les collaborateurs qui sont en formation chez nous.

« Nous intégrons des jeunes qui sont en formation à l’école en alternance, ce qui est pour moi, une des meilleures écoles. »

Le deuxième axe que l’on déploie chez Saint-James c’est le V.I.E., Volontariat International en Entreprise. Il s’adresse à des jeunes jusqu’à 27 ans qui sont déjà formés, qui ont eu des expériences de stage ou à l’export. C’est un dispositif français qui permet d’embaucher des jeunes via Business France qui s’occupe de toutes les formalités administratives, et nous leur réglons une facture une fois par mois. C’est un excellent moyen de recrutement, puisque ces V.I.E. restent 18 mois dans l’entreprise. Cela leur permet de tester l’entreprise, et nous permet de les tester. Chez Saint-James, nous gardons deux V.I.E. sur trois.

 

En tant que PDG, comment vous formez-vous ?

En ce qui me concerne, au niveau formation, je consacre – ça peut vous paraître peu – une journée par mois à me former. Je fais partie d’un club APM (Association Progrès pour le Management), c’est un lieu d’échange entre chefs d’entreprises, sur des sujets généraux. Nous avons de très bons conférenciers, ce qui permet aussi et de nous mettre à niveau et d’échanger.

Ensuite, c’est le terrain. Exporter, c’est de la responsabilité du chef d’entreprise. Le monde bouge tous les jours. Si l’on reste derrière son bureau, on ne peut pas avancer. Notre service export est très bien strucuré à Saint-James, mais il faut aussi aller voir sur le terrain comment cela se passe.

Manuela Horeau
Responsable export

« Ce qui fait toute la richesse du métier, c’est l’idée de s’adapter aux spécificités de chacun. »

Comment s’organise le service export chez Saint-James ?

Notre service export tourne autour d’une équipe de cinq personnes, cinq assistants ou assistantes export, qui ont chacun si ce n’est une zone géographique un certain nombre d’agents dont ils ont la responsabilité. L’idée étant de faire l’intermédiaire entre les remontées d’informations terrain qui nous parviennent, et les remontées en terme de spécificité produits, afin de remonter cela au niveau de la collection. Et puis à l’inverse, faire tout le travail administratif, organiser les expéditions, les salons, faire en sorte que le produit soit étiqueté correctement par rapport à sa destination, tout ce qui a trait à l’administration des ventes export.

L’idée est que chacun et chacune aient une zone assez étendue pour s’épanouir, ainsi qu’un dossier assez complexe pour dynamiser les tâches. Nous ne nous en tenons pas à saisir une commande export et faire en sorte qu’elle arrive à bon port. Il y tout un cheminement par rapport à la spécificité du pays, aux demandes qui sont faites en terme d’étiquetage du produit par exemple.

 

Comment gérez-vous le management interculturel ?

Ce qui fait toute la richesse du métier, c’est l’idée de s’adapter aux spécificités de chacun. Déjà, il y a une réalité d’adaptation en terme de produit, puisque ce qui marche au Japon n’est pas forcément ce qui marche en Europe, et l’idée est d’avoir une collection suffisamment étendue pour que chaque marché trouve son bonheur, puisque nous avons quand même des considérations industrielles et on ne peut pas se permettre – bien que ce soit l’idéal -, de faire une collection pour chaque marché.

Yannick Leconte
Directeur technique

« Nous maîtrisons les métiers rares, ainsi que la transmission des compétences à ces métiers. »

Quelles sont les enjeux de formation chez Saint-James ?

Nous sommes ce que l’on appelle une ‘‘entreprise du patrimoine vivant’’. C’est à dire que nous avons des métiers très spécifiques : les métiers de bonnetiers par exemple, de racoutreuses, de remailleuses,… Des métiers qui n’existent presque plus à travers la France et pour lesquels ils n’existe plus de formation au sein de l’Éducation nationale. Nous avons non seulement la capacité de réaliser ces métiers, mais nous avons aussi formé des personnes chez nous pour qu’ils deviennent formateurs des nouveaux embauchés. Nous maîtrisons donc ces métiers-là, ainsi que la transmission de compétences.

 

Comment s’organisent ces formations aux métiers rares ?

« On a des clients qui sont exigeants, on ne doit pas les décevoir. »

Nous intégrons généralement les collaborateurs dans ce que l’on appelle un contrat de professionnalisation. Ce type de contrat a évolué depuis quelques années et nous travaillons entre autres avec Opcalia. Nous avons commencé dans les années 2012/2013 avec les opérations de transfert qui étaient des opérations de test au niveau national des opérations pour mesurer l’intérêt de ces formations. Ces tests ont été totalement positifs donc nous sommes passés en Prodiat, puis aujourd’hui en Prodiat renforcé. Cette formation concerne les aspects suivi, encadrement, gestion du personnel, architecture et administration.

Concernant la transmission, ce sont les personnes qui ont été formées chez nous qui vont transmettre l’information et qui vont travailler quotidiennement avec les nouveaux entrants. Ils vont se mettre à la machine avec eux et vont vérifier et contrôler la qualité de la production. On a des clients qui sont exigeants, et on ne doit pas les décevoir.

Béatrice Lepaisant
Surjeteuse

« La formation professionnelle permet de nous rassurer sur notre poste. »

En quoi consiste votre poste de surjeteuse ?

Le surjet est un poste qui consiste à monter les épaules, les manches, les dessous de bras et les côtés du pull ou du tee-shirt.

 

Comment s’est déroulée votre formation ?

Nous sommes directement intégrés à un groupe, comme si nous étions à l’usine depuis des années, ce qui permet de voir comment fonctionne l’entreprise. Nous refaisons un bilan à peu près tous les mois, et tous les trimestres. C’est une sécurité, car un an passe vite, et nous ne savons jamais si ce que l’on fait est bien ou pas.

 

Quels sont les avantages de cette formation ?

Par rapport à il y a vingt ans, la formation permet de nous rassurer. Il y a vingt ans, nous étions au sein du groupe sans recevoir de formation particulière. La formation nous permet de nous repérer, de savoir ce qui est acquis et ce qui ne l’est pas encore. C’est vraiment un plus.

La formation permet aussi de découvrir les autres postes. Du coup, quand nous sommes sur nos machines, nous perçoit les choses différemment puisque nous connaissons la définition et le fonctionnement des autres postes. Pareil quand il y a une difficulté, nous l’appréhendons facilement puisque nous avons vu les collègues le faire, c’est l’avantage aussi. Justement, les collègues qui sont plus anciennes nous le disent, « c’est dommage que nous n’ayons pas fait la formation ».

 

A l’avenir, aimeriez-vous faire d’autres formations ?

J’ai beaucoup d’envies au niveau de l’entreprise, oui bien sûr. Et puis je suis demandeuse d’en apprendre sur tous les postes. Et puis j’adore la matière, les tissus, les aiguilles, le fil,… donc  je suis en demande sur beaucoup de choses, et je suis encore jeune !

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