Maviflex s’ouvre au numérique

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L'entreprise

Maviflex est une PME française spécialisée dans la fabrication de portes souples automatiques et manuelles pour l’industrie. Forte de 14 marques à la pointe de la technologie, Maviflex digitalise ses métiers, et a récemment fait l’acquisition d’un outil de découpe automatique.

  • C.A. 2015 : 21,5 millions d’euros,
  • Effectif : 125 collaborateurs,
  • Siège social : Décines, Auvergne Rhône-Alpes,
  • Outil numérique : table de découpe laser.
Anne-Sophie Panséri
Présidente-directrice générale

« Les technologies évoluent tellement vite que chacun est amené à revoir complètement sa propre organisation du travail. »

Comment établissez-vous votre stratégie RH ?

La stratégie RH est en lien direct avec la stratégie de l’entreprise. Selon les actions que nous souhaitons mener dans l’entreprise, nous associons notre stratégie RH pour accompagner nos collaborateurs dans des montées en compétences techniques d’utilisation des produits, suivant nos besoins en matière de développement et de stratégie.

L’enjeu pour nous est l’organisation de la production, puisqu’il faut maintenir notre productivité et nos marges. En même temps, nous réfléchissons aux nouveaux services que nous pouvons proposer à nos clients. Pour cela, le monde du numérique nous accompagne à faire évoluer notre organisation : produits connectés, dématérialisation,…

 

Comment avez-vous mis en place la réforme de la formation professionnelle dans votre entreprise ?

Nous avons fait un inventaire des besoins des collaborateurs. Les chefs d’équipes ont l’obligation de remonter leurs besoins. Chacun doit s’exprimer largement sur ses envies, et potentiellement sur une évolution de métier. Une fois que nous avons fait cet état des lieux, nous essayons de voir, en fonction du plan de formation ou du CPF, comment nous pouvons embarquer le plus grand nombre de collaborateurs dans ces possibilités de formations. Nous avons fait des formations en communication interne, sur les analyses des risques en entreprise, des formations de sauvetage, mais aussi en production sur les compétences métier, et en langues.

 

Comment accompagnez-vous vos collaborateurs dans la transition numérique ?

Nous les accompagnons techniquement, pour les aider à maitriser des nouvelles solutions (GPAO, ERP). Nous les accompagnons aussi sur l’appréhension des évolutions. Les technologies évoluent tellement vite que chacun est amené à revoir complètement sa propre organisation du travail. Cela demande un réel accompagnement personnel. L’enjeu est d’éviter les pertes de temps de nos collaborateurs. Nous avons par exemple dématérialisé les bons d’intervention de nos techniciens. Nous essayons de simplifier les flux internes pour fluidifier les actions de chacun. Nous avons des formations à l’extérieur avec des sociétés spécialisées sur un domaine en particulier comme par exemple « Les réseaux sociaux dans un univers industriel ». Nous dispensons aussi des formations internes. Nous formons une personne à l’extérieur sur un savoir-faire en DAO (Dessin Assisté par Ordinateur), GPAO (Gestion de la Production Assistée par Ordinateur). Cette personne devient formateur interne et transmet à ses collègues son apprentissage sur une compétence métier de l’entreprise.

 

Maviflex est-elle concernée par l’apprentissage ?

Nous sommes bien-sûr concernés par l’apprentissage. Pour moi, c’est vraiment une période à la fois de formation et de reconnaissance. C’est aussi une période d’intégration, puisqu’à 80%, les jeunes sont embauchés à l’issue de leur apprentissage.

Laurent Mélia
Coordinateur Qualité Sécurité Envoironnement

« J’ai utilisé mon CPF pour valider les acquis. »

Comment avez-vous participé au plan de performance de Maviflex ?

J’ai reçu des formations pour mettre le plan en place. C’était un plan porté par la CCI donc il y a eu tout un programme déployé sur l’année. J’ai suivi des formations d’animation de réunions, de résolution de problèmes, de gestion de projets, pour pouvoir évoluer au sein du groupe et rétrocéder la formation.

Notamment la formation à la méthode des 5S, qui résume les tâches essentielles à mener pour améliorer son environnement de travail : débarrasser, ranger, nettoyer, maintenir l’ordre, être rigoureux. Mais aussi sur le management, qui permet de déployer la sécurité avec les équipes.

Comment avez-vous appréhendé l’évolution de votre poste ?

On m’a proposé de mettre en place un système de management intégré de la qualité, ISO 9001, en intégrant le poste de responsable QSE (Qualité-Sécurité-Environnement). J’ai été accompagné par la CCI pendant une année, jusqu’à la certification, que l’on a obtenue en 2014.

En général, nous consultons le service des ressources humaines pour leur faire part de nos envies. Il y a aussi les entretiens annuels de compétences. Pour ma part, j’ai utilisé mon CPF pour valider les acquis, en demandant un DUT QLIO (Diplôme Universitaire Technologique en Qualité Logistique Industrielle et Organisation). Cela m’a permis de valider mes compétences et d’avoir une certification.

 

Quels sont les bénéfices de la formation professionnelle ?

Un seul mot me vient à l’esprit : la légitimité, c’est à dire, être crédible. Pour moi, c’est le plus important. On ne peut pas mettre en place des choses sans avoir un minimum d’outils pour travailler, transmettre, et appliquer sur le terrain. Les organismes de formation et leurs programmes sont pour moi la colonne vertébrale.

 

En quoi la formation est-elle liée à la performance de l’entreprise ?

Une entreprise qui veut être performante aujourd’hui peut intégrer du Lean management et de la QSE, sans oublier une chose : mettre l’Homme au cœur de l’organisation. C’est à dire en le formant au maximum, en le faisant monter en compétences, et en ayant un engagement fort de la direction qui emmène l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise vers le haut.

Elsy Geay
Responsable ressources humaines

« La formation permet de maintenir l’employabilité, dans un contexte où tout évolue très vite. »

Quelle est votre perception de la formation ?

Pour moi, la formation professionnelle représente une ouverture sur le monde pour les collaborateurs. La formation permet des rencontres avec des personnes du même métier, avec lesquelles nous pouvons échanger sur les process et les méthodes de travail. C’est une réelle bouffée d’oxygène. Au-delà, la formation permet de maintenir l’employabilité, dans un contexte où tout évolue très vite. C’est une manière de sécuriser les parcours.

Avec la réforme de la formation professionnelle, le gouvernement a souhaité considérer la formation non plus comme une obligation mais comme un investissement. Nous avons toujours eu des plans de formation bien au-delà de la cotisation obligatoire. L’entreprise est très acteur dans la formation.

 

Comment êtes-vous organisés en interne pour gérer les besoins / envies de formation ?

Nous avons tout d’abord l’entretien professionnel, qui est un moyen de faire remonter son besoin de formation. Puis, nous avons l’avantage d’être une PME et donc d’avoir une proximité avec les salariés. Une personne qui souhaite mobiliser ses heures de CPF peut facilement le faire savoir. Nous accompagnons aussi les collaborateurs dans les évolutions technologiques en atelier. Par exemple, nous avons entrepris un changement de technologie l’année dernière, avec l’arrivée d’une table de coupe automatique. Le métier a complètement changé. Cela implique de la formation au logiciel, ce qui a été réalisé en interne. Le bureau d’études s’est chargé de la montée en compétences des équipes à ce niveau-là.

 

Comment se déroule le process de demande de formation ?

Lorsque le besoin est formulé et validé, nous cherchons l’organisme de formation le plus adéquat, et qui répond au mieux au besoin du collaborateur, et à celui de l’entreprise, tout en veillant à amener la personne vers la réussite. Lors d’une VAE (Validation d’Acquis d’Expérience) par exemple, il faut que l’organisme de formation soit en adéquation avec le profil du collaborateur. Ensuite, nous émettons des demandes de financement, donc nous interrogeons notre OPCA et formulons un dossier de demande de prise en charge. C’est généralement pris en charge à hauteur de nos cotisations. Le supplément relève du financement de l’entreprise.

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