18.08.2017

L’évaluation et l’accès à la formpro, au cœur du Rapport annuel 2016 du CNEFP

Le Conseil National d’Évaluations de la Formation Professionnelle (CNFEP) a récemment publié son rapport d’activités 2016. Le CNEFP est une instance d’évaluation créée par l’Accord National Interprofessionnel (ANI) de 2009, et officiellement installée en 2011 par le COPANEF (Comité Interprofessionnel pour l’Emploi et la Formation). Il a pour missions principales de,

– mener des travaux d’évaluation concernant les politiques paritaires de formation professionnelle,

– mesurer le niveau de formation des publics concernés par les politiques de formation professionnelle, et notamment la maîtrise du socle de compétences.

 

 

Zoom sur DEFIS, une enquête au coeur de l’activité 2016 du CNEFP

Le rapport 2016 présente les premiers résultats du dispositif « DEFIS » (le Dispositif d’Enquête sur les Formations et les Itinéraires des Salariés), une initiative longitudinale sur cinq ans (2015-2019), qui consiste à évaluer auprès des salariés, les effets de la formation professionnelle sur leurs parcours.

La première vague d’interrogation des salariés s’est déroulée sur la période 2013-2015, antérieure donc à la réforme de la formation professionnelle. Suite à cette enquête, le CNEFP a pu identifier des constats parlants, qui confirment la persistance d’inégalités face à l’accès à la formation, selon la catégorie sociale et la taille de l’entreprise. DEFIS permet d’éclairer les écarts constatés en posant la question de l’usage de la formation. Les inégalités d’accès sont-elles d’ordre de l’appétence pour la formation ou de la connaissance des droits ?

Selon les résultats de cette première vague, l’appétence pour la formation est stable, quelle que soit la taille de l’entreprise. Les inégalités d’accès des salariés à la formation seraient donc davantage liées à une inégalité d’information sur les dispositifs en place.

L’information sur les possibilités de formation provient de divers canaux mais reste majoritairement le fait de la hiérarchie. Cela se vérifie surtout dans les grands groupes, où les fonctions RH et Responsable formation sont plus représentées que dans les PME et TPE. Dans ce cadre, l’entretien professionnel est une pratique qui permet aux salariés d’exprimer leurs besoins de formation, et de bénéficier d’actions de formation en conséquence. Ici encore, ce schéma se vérifie surtout dans les grands groupes, où l’entretien professionnel est plus pratiqué. C’est pour pallier ces inégalités que la réforme de 2014 a rendu obligatoire l’entretien professionnel tous les deux ans. Cela permettra aux plus petites entreprises de s’investir dans la formation professionnelle des salariés, en leur laissant l’opportunité d’évoquer leurs besoins de formation, et en installant véritablement la formation professionnelle comme levier de montée en compétences.

À côté des inégalités liées à la taille de l’entreprise, d’autres inégalités s’observent en fonction de la catégorie sociale des salariés. En effet, 58 % des cadres ont suivi une formation contre 33 % des ouvriers. Les salariés sont d’ailleurs plus à même de demander une formation qu’ils sont plus qualifiés. Il s’avère que les ouvriers et employés ont moins l’occasion de formuler une demande de formation. Même lorsqu’ils en ont l’opportunité, ils ne sont que 24% à concrétiser leur demande, contre 45% chez les cadres et professions intermédiaires.

Tout l’enjeu de la réforme de 2014 sera de parvenir à combler ces manques, en faisant de la formation professionnelle un réflexe pour les entreprises et pour les salariés : diffuser l’information, faciliter l’accès, et la considérer comme un investissement au service de la montée en compétences des collaborateurs, et de la compétitivité de l’entreprise.

 

 Ambitions 2017 pour le CNEFP : évaluer le Conseil en Évolution Professionnelle 

Début 2017, le CNEFP a lancé deux nouveaux projets. Le premier a pour but d’évaluer l’impact de l’ANI de 2013 sur les négociations de branches, le second analyse l’impact du CEP sur la sécurisation des parcours des bénéficiaires. Le CNEFP entend déterminer dans quelle mesure le CEP parvient à mobiliser les actifs les moins susceptibles d’accéder au conseil professionnel et à prendre en considération la diversité des attentes.

Pour en savoir plus sur les travaux en cours, vous pouvez consulter le rapport annuel 2016 du CNEFP ici

 

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